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vendredi, 12 février 2010

Le Parlement européen refuse le transfert de données bancaires aux Etats-Unis

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Le Parlement européen a bloqué jeudi l'entrée en vigueur de l'accord temporaire de transfert aux Etats-Unis de données bancaires SWIFT dans le cadre de la lutte antiterroriste, rapportent les médias occidentaux.

Jugeant insuffisante la protection des informations privées européennes et rejetant les plaidoiries de la Commission européenne en faveur de l'adoption du document international, les parlementaires ont bloqué jeudi par 378 voix contre 196 l'entrée en vigueur de l'accord prévoyant l'accès des Etats-Unis aux données bancaires des citoyens de l'UE.

Autre protection des renseignements, les eurodéputés ont bloqué ce document pour qu'il ne puisse pas être adopté avant l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, de peur que  le Parlement européen ne soit évincé de la négociation.

Signé fin novembre par les ministres de l'Intérieur de l'UE, l'accord devait permettre à Washington de "tracer" le financement du terrorisme international à l'aide des données bancaires collectées par la société Swift, basée en Belgique et par laquelle transitent la plupart des transactions financières mondiales.

Avant, l'ambassadeur américain auprès de l'UE, William Kennard avait prévenu que si le Parlement n'approuvait pas cet accord, Washington suspendrait l'échange d'informations sur les terroristes avec les institutions de l'UE et coopérerait directement avec les pays membres de l'UE.

Pour sa part, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait adressé la veille du vote une lettre au président du Parlement européen Jerzy Buzek soulignant l'importance de l'accord "pour les efforts communs déployés dans la lutte contre le terrorisme".

 

(Sources : Ria Novosti, photo Le Monde).

La Grèce sous tutelle : une première dans la zone Euro

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Bruxelles va désormais passer au peigne fin les finances du pays et se réserve un droit d'ingérence dans son pilotage économique

Rigueur et transparence. C'est ce que l'Union européenne réclame à la Grèce à l'avenir. C'est aussi ce qui lui a fait défaut dans le passé. Et c'est surtout l'objectif de sa quasi-mise sous tutelle économique par l'Union. Une grande première dans la zone euro : Bruxelles « surveillera étroitement » les finances grecques, « en liaison avec la Banque centrale européenne » et « en s'appuyant sur l'expertise technique du FMI », d'après la déclaration commune adoptée hier par les leaders européens. Début février, la Grèce a été placée de facto sous tutelle de l'Union. La Commission européenne a approuvé son plan de redressement économique et l'a assorti d' « un système de surveillance intense et quasi permanent », d'après l'expression du commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires d'alors, Joaquin Almunia. La Grèce doit rendre des comptes à Bruxelles par le biais de rapports mensuels, dont le premier est prévu pour mars. Elle doit « quantifier » et « préciser » les mesures annoncées ainsi qu' « envoyer le calendrier » de leur mise en oeuvre et être prête à prendre immédiatement des mesures supplémentaires si besoin est. « C'est la première fois que des instruments de surveillance économique et budgétaire sont utilisés simultanément et de manière intégrée », reconnaît ainsi la Commission européenne.

Une procédure d'infraction

L'organe communautaire a aussi sévi à l'encontre du suivi statistique de la Grèce, en engageant une procédure d'infraction. « Le principal problème de la Grèce n'est pas son déficit mais le manque de fiabilité de ses statistiques, déjà signalé dans le rapport de la Commission du 8 janvier 2010 » qui épingle de « graves irrégularités » en la matière, estime Frédéric Allemand, maître de conférences à Sciences po.

C'est ce déficit de crédibilité de la Grèce qui explique aujourd'hui la potion amère infligée par l'Union européenne. C'est aussi lui qui doit inviter à une certaine modération face au scénario d'une contagion de la panique à d'autres pays de la zone euro. En effet, le Portugal ou l'Espagne, souvent cités comme maillons faibles potentiels, n'ont pas le même historique de statistiques fantaisistes.

(Source : JESSICA BERTHEREAU ET GABRIEL GRÉSILLON, Les Echos).

La nouvelle Commission européenne sur les rails

Barroso.jpgSTRASBOURG — Les eurodéputés ont accordé leur confiance mardi à la nouvelle Commission européenne, qui va entamer un mandat de cinq ans sous la houlette de José Manuel Barroso alors que l'Europe traverse la pire crise économique de son histoire.

Par 488 voix pour, 137 contre et 72 abstentions, le Parlement européen a approuvé la nouvelle équipe conduite par l'ancien Premier ministre portugais, qui entame son second mandat après une période de flottement de plus de trois mois.

Le vote était sans réelle surprise, la majorité des tractations ayant eu lieu auparavant. Les conservateurs, les socialistes et les libéraux avaient annoncé leur soutien à l'équipe de M. Barroso. Seuls les Verts, les communistes et certains eurosceptiques avaient annoncé leur intention de voter contre.

M. Barroso s'est félicité à l'issue du vote d'avoir obtenu une "légitimité démocratique" et "un soutien fort de la part de tous les horizons politiques".

"Nous avons maintenant les moyens de nous mettre au travail", a-t-il encore dit, assurant vouloir agir "avec détermination pour le bien de la démocratie en Europe".

"Il faudra mériter notre confiance et pour cela tenir compte des aspects sociaux en Europe", a toutefois prévenu le chef de file des socialistes, Martin Schulz.

Le leader des libéraux, Guy Verhofstadt, a aussi parlé d'un "soutien conditionnel".

"Bien plus que ces cinq dernières années, nous attendons de la Commission européenne qu'elle soit le moteur de l'Europe" avec "des propositions plus fermes et plus ambitieuses dans tous les secteurs", a-t-il dit.

Le leader des Verts, Daniel Cohn-Bendit, a pour sa part dénoncé une "véritable coalition des hypocrites" entre les trois plus grands groupes politiques du Parlement (conservateurs, sociaux-démocrates et libéraux).

"Monsieur Barroso avait promis une Commission qui serait plus que la somme d'individualités, mais l'addition de beaucoup de zéros ne peut pas donner un résultat positif", a-t-il dénoncé, assurant toutefois que son parti était prêt à collaborer sur une série de dossiers.

Après le vote positif des eurodéputés, la nouvelle Commission n'a plus besoin que d'un accord formel des gouvernements de l'UE pour son entrée en fonctions, qui pourrait intervenir dès mercredi.

La première réunion du collège des nouveaux commissaires est prévue pour le 17 février, et le mandat court jusqu'au 31 octobre 2014.

Les nouveaux commissaires devront ensuite prêter serment devant la Cour européenne de justice à Luxembourg.

 

(Source : AFP).