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vendredi, 28 novembre 2008

Economie, Europe : le Nouveau Centre veut exister

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 Comment exister sans se mettre à dos Nicolas Sarkozy ? Tirer profit de l'affaiblissement, au moins passager, du PS après la passe d'armes Royal-Aubry ? Et, par-dessus tout, couper l'herbe sous le pied de François Bayrou ? Depuis quelques jours - et alors que les rumeurs sur un éventuel remaniement vont bon train -, le Nouveau Centre s'active. Son président, Hervé Morin, qui est aussi ministre de la Défense, multiplie les apparitions médiatiques. A l'Assemblée, ses troupes se font entendre pour critiquer la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public souhaitée par le chef de l'Etat. Demain, le parti se réunit à Issy-les-Moulineaux pour exposer ses propositions pour répondre à la crise économique et financière. Et, surtout, il envisage de plus en plus ouvertement de se présenter sous ses propres couleurs aux élections européennes de juin.

Système à géométrie variable

Hervé Morin est soumis à forte pression. Les élus et les militants du parti le poussent à des listes autonomes. Il sait aussi qu'un parti doit aller au combat s'il veut creuser son sillon dans l'opinion. Surtout, la thématique européenne fait partie du « code génétique » de l'ancienne UDF, dont il revendique l'héritage. Le ministre voudrait éviter de laisser, tout au long de la campagne, le champ libre au Modem. « Ce que je retiens [de la crise au PS], c'est que le pôle de gauche est clairement constitué et que François Bayrou en fait partie », explique le ministre aux « Echos ». Problème : Nicolas Sarkozy, lui, exige des listes d'union aux européennes. Hervé Morin a peut-être trouvé la solution : un système « à géométrie variable », qui consisterait à mettre en place des listes autonomes dans « cinq ou six » régions et à s'allier à l'UMP dans les autres. Une aubaine pour éviter de mauvais résultats là où le Nouveau Centre est « faiblichon ».

« Responsable »

Pour séduire les centristes « égarés », le leader du Nouveau Centre ne mise pas seulement sur l'Europe. Il table aussi sur ses propositions en matière économique. Un programme « responsable » pour se démarquer du « populisme » de François Bayrou auprès de cette frange de l'électorat. Pêle-mêle, Hervé Morin égrène un grand emprunt pour remettre dans le circuit « une partie de l'épargne liquide », la sortie du bouclier fiscal de la CSG et des impôts locaux sur l'habitation, des baisses de TVA ciblées pour l'automobile. Il évoque aussi le regroupement des départements et des régions, le transfert de 2 points de CSG aux collectivités locales, l'abaissement du taux de l'impôt sur les sociétés pour les PME « sur le premier million d'euros de bénéfices mis en réserve », le relèvement des seuils sociaux pour les PME...

Tant pis si le parti ne parvient pas vraiment, au final, à se démarquer de l'UMP. Au moins espère-t-il donner aux électeurs une image de « sérieux ».

Source : STÉPHANE DUPONT ET PIERRE-ALAIN FURBURY

(Les Echos)

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