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vendredi, 27 janvier 2012

Vendredi Europe Express - Les Croates ont dit "oui" à l'Union européenne !

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ZAGREB (Reuters) - Les Croates ont massivement approuvé dimanche l'entrée de leur pays dans l'Union européenne à compter du 1er juillet 2013 malgré l'inquiétude soulevée par les difficultés actuelles de la zone euro.

Selon les résultats quasi-complets du référendum, le "oui" l'emporte avec 66% des voix, a annoncé la commission électorale nationale plus de deux décennies après la rupture de ce petit pays de l'Adriatique avec l'ancienne Yougoslavie socialiste.

Le taux de participation de 44% a déçu par sa faiblesse, reflétant probablement pas mal d'incompréhension de la part de citoyens sur les enjeux et les atouts de l'appartenance au bloc européen.

Le président Ivo Josipovic a déclaré après avoir voté: "C'est un grand jour pour la Croatie, et l'année 2013 marquera un tournant dans notre histoire. J'attends avec impatience le jour où je pourrai considérer toute l'Europe comme ma maison."

Il avait présenté l'adhésion à l'UE comme le seul espoir de consolider l'économie croate malgré la crise de la dette qui secoue la zone euro.

Les habitants de Zagreb étaient nombreux à se promener dans les rue de la capitale dimanche pour profiter des rares rayons de soleil. La plupart des gens interrogés par Reuters se sont dits favorables à l'adhésion à l'Union européenne.

"Nous ne pouvons pas rester en-dehors de l'UE, nous en retirerons beaucoup de choses positives. Bien sûr, il y a aussi un revers de médaille, mais c'est quelque chose à quoi nous devons nous habituer", a déclaré Josip Zavrski, ingénieur à la retraite.

 

"UNE GRANDE OPPORTUNITÉ"


Dans un communiqué à la nation publié samedi, le chef de l'Etat avait déclaré: "L'Europe ne va pas résoudre tous nos problèmes mais c'est une grande opportunité."

"La Croatie ne va pas perdre sa souveraineté ou ses ressources naturelles pas plus qu'elle ne sera dirigée par l'UE", avait-il ajouté, s'efforçant d'apaiser les craintes d'une possible perte de souveraineté.

Dramatisant l'enjeu dans l'espoir de mobiliser les électeurs, la ministre des Affaires étrangères, Vesna Pusic, avait quant à lui parlé cette semaine d'une "question de vie ou de mort".

"Un rejet aurait clairement des conséquences négatives: baisse de la notation, annulation d'investissements et pertes d'emplois", avait-elle déclaré.

Après la victoire du "oui", la chef de la diplomatie croate, bien que visiblement enchantée, a fait preuve d'une grande prudence. "L'instabilité politique est désormais derrière nous avec ce résultat mais le reste dépendra de nos capacités et de notre créativité. Nos chances en seront améliorées mais personne ne fera le travail à notre place".

La Croatie a bouclé en juin ses négociations d'adhésion à l'UE dont elle deviendra le vingt-huitième membre du bloc européen le 1er juillet 2013.

Le pays deviendrait la seconde république de l'ex-Fédération yougoslave à adhérer à l'UE après la Slovénie, en 2004.

L'influente Église catholique croate et Ante Gotovina, ancien général jugé pour crimes de guerre à La Haye et considéré comme un véritable héros dans le pays, avaient appelé séparément cette semaine les Croates à voter en faveur du "oui".

"Je voterai pour l'adhésion à l'Union européenne parce que nous appartenons (à l'Union européenne)", a déclaré Ante Gotovina à l'agence de presse officielle Hina, par l'intermédiaire de ses avocats.


RÉCESSION


La Croatie, pays de 4,2 millions d'habitants qui a connu depuis 2009 deux ans de récession, s'attend à une contraction de son économie cette année.

Son PIB par habitant équivaut à 61% de celui de la moyenne européenne, mais le pays espère recevoir dans l'année suivant son adhésion à l'UE près de 450 millions d'euros, soit 1% de son PIB, de fonds pour financer des projets de développement.

"Seul l'argent européen peut relancer la croissance de la Croatie", souligne Zdravko Petak, professeur de sciences politiques à Zagreb. "La Croatie n'a pas et n'aura pas (toute seule) l'argent pour financer les infrastructures, développer les zones rurales et financer les réformes du marché du travail."

Mais les opposants estiment qu'une adhésion de la Croatie est inopportune, l'UE n'étant plus ce qu'elle était au vu de la menace qui pèse aujourd'hui sur l'euro.

 

(Source : Le Point).

Vendredi Europe Express - Bilan du Polonais Jerzy Buzek, qui vient de quitter la présidence du Parlement européen

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Aux côtes du président de la Commission et du Président du Conseil européen, celui qui occupe le perchoir du Parlement européen est l’une des figures de l’Union. En tant que représentant du parlement, il est autorisé à s’exprimer avant chaque Conseil européen. De plus, en tant que président de la conférence des présidents de groupe, il a une influence non négligeable sur l’ordre du jour.

L’Europe a été construite sur des rêves et nous n’avons pas le droit d’oublier ces rêves a affirmé Jerzy Buzek le 15 décembre dernier en séance plénière dans ce qui fut son discours d’adieu au poste de président du Parlement européen ; fonction qu’il occupait depuis juillet 2009. Jerzy Buzek a également plaidé pour une nouvelle vague d’intégration politique et une véritable union fiscale et économique tout en regrettant l’attitude isolationniste de certains états à l’image du Royaume-Uni, rappelant que ceux qui veulent rester à la marge de l’UE ne peuvent demander à en être un acteur principal.

Le dynamisme du président de Lisbonne

Premier président du Parlement européen issu de l’ex bloc soviétique, Jerzy Buzek a du lors de son mandat mettre en œuvre le traité de Lisbonne entré en vigueur quelques mois après son élection et affirmer le poids du Parlement dans la nouvelle configuration des institutions européennes. Le traité de Lisbonne élargissait en effet le nombre de domaines soumis au processus de codécision entre Conseil de l’UE et Parlement, passant de 41 à 85, parmi lesquels l’immigration légale ou la coopération judiciaire.

A l’écart du duo Van Rompuy-Barroso, Buzek a tenté de jouer sa propre partition pour imposer sa voix à Bruxelles. Ainsi, en février 2009, quelques mois avant son élection, il avait entrepris une tournée des capitales de l’UE pour mettre en lumière le nouveau rôle de Strasbourg, et montrer que le parlement s’impose désormais au milieu de l’arène.

En outre, lors des difficultés rencontrées en République Tchèque ou en Irlande pour obtenir la ratification du traité de Lisbonne, Jerzy Buzek s’était personnellement investi et était allé à la rencontre de Vaclav Klaus pour donner des garanties au président tchèque, réticent à adopter le "mini-traité".

Le SEAE dans le flou

Jerzy Buzek s’est également distingué comme un des principaux promoteurs du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), le service diplomatique réunissant les services des affaires étrangères de la Commission et du conseil que doit chapeauter le Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, poste aujourd’hui occupé par l’évanescente Catherine Ashton.

Si le SEAE a techniquement réussi son rodage en ouvrant notamment des antennes à Washington, Pékin et Brasilia, son champ d’action reste complètement flou. Est-il l’organe embryonnaire d’une véritable diplomatie européenne ou un gadget destiné à coexister aux côtés des puissantes officines parisiennes ou britanniques ?

Récemment, l’euro député allemande Ingeborg Grässle regrettait l’inaction de Catherine Ashton, incapable de donner l’impulsion nécessaire pour faire du SEAE un « ministère européen des affaires étrangères », capable de développer concrètement, dans son travail quotidien, sa propre ligne européenne, dans laquelle les intérêts politiques et économiques ou les questions des droits de l’Homme et de la garantie de la paix pourraient jouer un rôle important. Pour Jerzy Buzek qui avait œuvré pour la promotion du SEAE, le flou qui entoure cette institution est un échec relatif.

Les droits de l’homme au coeur des priorités

Dans son discours d’intronisation, Buzek avait hissé la question des Droits de l’homme au rang de ses priorités. Il s’est d’ailleurs félicité la semaine dernière d’avoir su faire du parlement le phare de la liberté, ajoutant quand j’ai parlé aux manifestants place Tahrir au Caire et aux combattants de la liberté place des Martyrs à Tripoli, ils ont remercié l’Europe.

En 2010, lors d’une interview consacrée à Toute l’Europe, il s’était réjoui d’avoir pu évoquer la question du respect des Droits de l’homme lors d’un entretien avec le Président chinois Hu Jianto. En 2010, il avait appelé les autorités cubaines à autoriser le journaliste Guillermo Fariñas à se rendre au Parlement européen pour recevoir le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit. En vain. Du coup, lors de la cérémonie de remise du prix, Jerzy Buzek avait symboliquement remis le prix sur une chaise vide affublée du drapeau cubain.

Ces actions témoignent toutes d’intentions louables, mais symboliques qui virent à l’auto-satisfaction car on peut douter du réel poids de Jerzy Buzek quant à la question des Droits de l’homme lors de son mandat. Il a été absent lors de l’intervention en Libye où des désaccords ont émergé entre les États membres, à l’instar de Catherine Ashton, étonnamment muette sur le sujet. Il n’a pas tenté non plus d’interpeler le Conseil européen pour insuffler une dynamique au SEAE, entité pourtant à même de porter la voie de l’UE dans le monde à moyen et long terme.

La communauté européenne énergétique au point mort

Priorité du mandat de Jerzy Buzek, l’émergence d’une communauté européenne de l’énergie n’a pas été en mesure de voir le jour sous le mandat de l’ancien premier ministre polonais. Il y a 60 ans, la première communauté européenne de l’énergie a été fondée. Pour nos grands-parents, il s’agissait de charbon et d’acier. Aujourd’hui, il est nécessaire de continuer avec une perspective plus large ; tel est le credo de Jerzy Buzek. Une réunion autour de cette thématique a été organisé à Bruxelles les 7 et 8 juin 2010 mais sans que des mesures d’envergure ne suivent.

L’initiative résultait notamment des crises énergétiques de 2008 et 2009 qui avaient mise en exergue la dépendance de l’UE vis à vis du gaz russe. L’idée de Buzek est d’acheter en commun le gaz et le pétrole européen afin de mieux peser sur les négociations et ainsi obtenir des rabais. Autre rôle potentiel pour la future communauté énergétique, la mise en commun des réseaux de distribution d’énergie et le développement de la recherche à l’échelle européenne.

Soutenu par Jacques Delors, ce projet d’une communauté européenne énergétique a néanmoins été éclipsé par la crise financière et rangé dans les placards pour le moment. Du coup, un des projets énergétiques phares de l’UE qu’est la gazoduc Nabucco a pris du plomb dans l’aile sous le mandat de Buzek.

La Russie a remis la main sur la question énergétique européenne en inaugurant début septembre le gazoduc North Stream qui en contournant la Biélorussie offre un trajet sécurisé au gaz allemand notamment, tandis que le projet South Stream qui contourne l’Ukraine devrait être opérationnel dès 2015. Le ralliement de la France à South Stream en décembre 2009 a rendu quasiment caduque le projet Nabucco, au point mort faute de client et de fournisseurs.

Du coup, malgré son initiative de proposer la création d’une communauté européenne énergétique, M.Buzek a laissé s’étioler la belle idée qu’est Nabucco.

 

(Source : Le Taurillon).