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mardi, 13 décembre 2011

Dossier spécial "Rail" (3/3) : Nouveaux horaires SNCF - "Big Bang" sans difficultés malgré des retards et la grogne

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Véritable test pour les nouveaux horaires des trains SNCF, la journée de lundi a débuté sans incident majeur sur le réseau hexagonal, l'entreprise faisant état de retards de TGV dus à un problème de signalisation et de quelques manifestations d'usagers mécontents.

Le PDG de la SNCF Guillaume Pepy s'est félicité lors d'une conférence de presse lundi en fin d'après-midi du taux de ponctualité de 95% des 7.975 trains ayant circulé dimanche, soit mieux que les 90% de la grille précédente.

La SNCF considère qu'un train est à l'heure lorsque son retard n'excède pas cinq minutes.

Le taux n'était pas disponible à ce stade pour le service de lundi, au cours duquel devaient circuler quelque 15.600 trains, soit 200 de plus par rapport au service qui s'est achevé le 10 décembre (150 TER et 50 TGV de la nouvelle ligne à grande vitesse Rhin-Rhône). Près de 4 millions de passagers circulent chaque jour de semaine sur le réseau ferré français.

Au regard de la situation lundi en fin d'après-midi, "le grand chambardement s'est passé correctement et les oiseaux de mauvais augure seront déçus", a relevé le ministre des Transports Thierry Mariani, lors de la même conférence de presse.

Il a félicité les personnels de la SNCF et du gestionnaire Réseau ferré de France (RFF) pour avoir mené à bien cette "opération délicate" qui a consisté à modifier d'un coup près de 100.000 horaires.

Le responsable du centre de veille national installé par la SNCF près de la Gare de l'Est, à Paris, avait indiqué que la période de pointe matinale s'était "bien passée". "On devait s'assurer que le ballet était bien monté", avait indiqué Alain Garde.

"Les changements ont été digérés", avait-il ajouté, confiant que le prochain test serait au moment des Fêtes de fin d'année et des intempéries hivernales.

Selui lui, l'écart est supérieur à 5 minutes pour seulement 1,5% des 3 millions d'usagers du Transilien.

Pour l'occasion, quelque 30.000 agents ainsi que 2.000 volontaires "gilets rouges" avaient été déployés dans les trains et les gares pour accueillir et renseigner les voyageurs.

"On a les questions habituelles d'orientation en gare ou d'achat de billets. Concernant le changement d'horaires, on nous demande simplement où trouver les fiches", ont expliqué à l'AFP trois "gilets rouges" de la gare du Nord.

Selon la SNCF, une vingtaine de TGV circulant sur la ligne Atlantique ont été retardés lundi matin par un incident de signalisation "sans lien" avec les nouveaux horaires.

Par ailleurs, cinq trains ont été bloqués par des manifestants en gare de Dordive (Loiret), sur l'axe Clermont-Ferrand-Paris, et 2 TGV ont été retardés au départ d'Angoulême où une trentaine d'usagers et une cinquantaine d'élus et syndicalistes ont protesté contre les changements d'horaires et notamment la suppression de trois TGV desservant la ville.

Sur le quai, ils avaient déployé banderoles et pancartes proclamant, entre autres, "SNCF tu dérailles".

Selon un porte-parole de Réseau Ferré de France (RFF), il s'agit des deux seules manifestations ayant perturbé la circulation des trains lundi matin tandis que des "incidents liés à l'exploitation classique" du réseau ont été répertoriés.

Mais des dizaines d'abonnés de la ligne Le Mans-Massy ont observé une "grève" de présentation des billets, a indiqué Michel Pottier, président de l'Association des voyageurs usagers des chemins de fer (Avuc), dont le site internet "bigbang.bigbug" a recueilli "plus de 1.000 doléances".

La SNCF a modifié pas moins de 85% des horaires depuis dimanche 00H01, une révolution pour l'entreprise.

Trois raisons principales sont à l'origine des modifications enclenchées ce week-end: le gigantesque chantier de rénovation de 5.000 kilomètres de voies d'ici 2016 (13 milliards d'euros au total) ; l'ouverture de la LGV Rhin-Rhône, première ligne à grande vitesse de province à province, et la mise en place du cadencement, un dispositif faisant partir les trains aux mêmes horaires.

Selon la SNCF et RFF, plus de 1.000 chantiers sont prévus rien qu'en 2012 sur les 30.000 km de voies ferrées françaises.

 

(Source : Le Point).

10:58 Publié dans Transports | Lien permanent | Commentaires (0)

Dossier spécial Rail (2/3) : La Ligne à Grande Vitesse Rhin-Rhône a accueilli ses premiers voyageurs

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TGV.jpgLe TGV Rhin-Rhône est entré en service commercial hier. 140 kilomètres de lignes nouvelles entre Dijon et Mulhouse qui vont aussi bouleverser la vie économique de la Franche-Comté.

La mise en service hier du TGV Rhin-Rhône va bouleverser le paysage économique de la Franche-Comté. La construction de 140 kilomètres de lignes nouvelles sur l'itinéraire Dijon -Mulhouse permettra à 11 millions de passagers de gagner 1 heure à 1 h 30 sur de nombreuses destinations. Un désenclavement attendu depuis des lustres par les acteurs politiques et économiques franc-comtois qui viennent de lancer une campagne de communication, « L'originale Franche-Comté » (2 millions d'euros sur deux  ans).

Entre Belfort et Montbéliard, l'attente est la plus forte. C'est là que le premier TGV fut construit il y a trente ans, et c'est là que le gain de temps est le plus évident : de 3 h 40 à 2 h 16 pour rejoindre Paris. « Une révolution », selon Alain Seid, le président de la chambre de commerce du Territoire de Belfort et du Club TGV de l'Aire urbaine, constitué pour accompagner l'événement. Au menu, un projet de lycée international. « Pour les entreprises de la Vallée de l'énergie qui vient de voir le jour et qui attend beaucoup du TGV, c'est incontournable », affirme-t-il. Dans un bassin d'emploi essentiellement automobile, l'énergie est un secteur de diversification prometteur. Mais une autre diversification se dessine avec l'horlogerie suisse. L'arrivée du TGV et l'achèvement de l'autoroute A16 facilite en effet la création de zones d'activité à la frontière, à quelques kilomètres à Boncourt et Chevenez. Swatch et Tag Heuer implantent des sites de production qui créeront chacun 200 emplois d'ici à 2013. Swatch en annonce 700 à moyen terme, et Sonceboz SA, société microtechnique suisse, prévoit également 300 emplois à Boncourt. « La localisation convient à ces groupes », analyse Thierry Bregnard, chef du service économie de la République et canton du Jura. « Nous avons du foncier disponible, nous avons relancé notre école d'horlogerie et il y a des possibilités de développement avec la main-d'oeuvre frontalière », ajoute-t-il.

Bassin d'emploi pour l'horlogerie

Conjuguée à l'effet TGV, la proximité du bassin d'emploi est une aubaine pour l'horlogerie suisse, qui a déjà saturé le pays horloger, plus au sud. « 700 ou 800 emplois se créent à proximité d'un territoire qui compte 11 % de chômeurs », confirme Gilles Curtit, le président de la CCI de Franche-Comté. Et tout sera encore plus simple fin 2014, lorsque la ligne TER franco-suisse Belfort-Delle-Porrentruy desservira ces zones d'activités et sera connectée à la gare TGV. En Franche-Comté aussi, les aménageurs sont à pied d'oeuvre. Les travaux du parc tertiaire jouxtant la gare de Besançon-Franche-Comté seront lancés en 2012. A terme, l'ensemble pourrait accueillir 3.500 salariés.

Pour la suite, 50 kilomètres de ligne restent à financer de part et d'autre de la première tranche de la branche Est, 35 kilomètres entre Belfort et Mulhouse, et 15 kilomètres entre Petit-Croix et Dijon. Le budget est estimé à plus de 1 milliard d'euros. Après trois mois de discussion entre Etat, RFF et collectivités, un accord politique a été trouvé entre les parties. Les collectivités concernées soumettent cet accord à leurs assemblées en ce moment. Un protocole de financement devrait être signé en 2012, puis les appels d'offres en 2013, pour démarrer les travaux en 2014.

 

 
(Source : Les Echos).

Dossier spécial Rail (1/3) : "Thello", premier train privé de voyageurs, a relié Paris à Venise dimanche dernier

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Le premier train privé de voyageurs en France, concurrent de la SNCF, a quitté la Gare de Lyon à Paris, dimanche à 19h48, pour rallier Venise où il est arrivé à 09h34 lundi matin. Un « changement d’époque » qui n’est pas du goût des cheminots.

Paris-Venise aujourd’hui, Paris-Rome courant 2012

Alors que la SNCF a passé sans trop de heurts l’épreuve du basculement d’horaires, elle fait fasse à la première concurrence d’une compagnie privée pour le transport des voyageurs.

Il s’agit d’un train de la compagnie Thello, co-entreprise nouvellement créée par le groupe Transdev (privé) associé à l’opérateur italien Trenitalia (public).

« Le rail français va changer d’époque maintenant en passant d’un monopole à un système ouvert », s’est félicité son directeur général Albert Alday.

Thello arrive toutefois modestement sur le réseau avec un aller-retour quotidien vers l’Italie, l’objectif étant « d’améliorer le produit et, si les retours sont bons de la part de nos clients, de proposer une liaison de nuit Paris-Rome courant 2012 », a ajouté M. Alday.

Un meilleur service à bord promet Thello

La compagnie compte aussi se démarquer par le service à bord assuré par LSG Sky Chefs, qui a travaillé avec de nombreuses compagnies aériennes. Entre huit et douze personnes seront embarquées pour le service aux voyageurs. « La différence avec nous, c’est que l’équipe qui prend en charge le voyageur au départ le suit jusqu’à son arrivée », a encore expliqué le patron de Thello.

Les trains partent de la Gare de Lyon, où Thello dispose d’un local d’exploitation ainsi que d’une boutique pour la vente de billets. Les places peuvent aussi être réservées sur le site www.thello.com.

Prix attractifs

Les prix des billets sont proposés à partir de 35 € pour une cabine six couchettes jusqu’à 275 € pour une cabine avec un lit. Par exemple, en réservant sur internet aujourd’hui un Paris-Venise pour le 19 janvier, vous paierez en effet 35 € pour une cabine six couchettes (départ 19h45, arrivée 9h34) sur Thello contre 80,40 € avec la SNCF, prix le le plus bas (départ 23h12, arrivée 15h28)

Au détriment des usagers

Une ouverture du rail la concurrence qui n’est pas du goût des cheminots. Ils ont manifesté lundi sur les quais de la Gare de Lyon à l’arrivée de Thello.

« Nous sommes venus interpeller les voyageurs sur les trains privés et leur dire que l’ouverture à la concurrence se fera au détriment des usagers, des missions de service public, des conditions de travail des salariés et de la sécurité ferroviaire », a dit à l’AFP Eric Santinelli, secrétaire régional SUD.

Menace sur la sécurité

L’« unique objectif reste et demeure la rentabilité à tout prix au mépris des conditions de transport des voyageurs et des conditions sociales des salariés », estiment-ils, assurant que l’ouverture à la concurrence du fret en 2006 était un « vrai désastre » qui « bénéficie surtout aux camions ».

Les cheminots ont également cité l’exemple de l’Angleterre où « les grands perdants de la libéralisation du chemin de fer ont été la sécurité et les usagers avec les trois catastrophes meurtrières en 1999, en 2000 et en 2001 ».

10:14 Publié dans Transports | Lien permanent | Commentaires (0)